Comment le Covid accélère les changements : la culture hydroponique

Cultures hydroponiques dans une serre

Une technique ancienne remise au goût du numérique

Je dois bien l’avouer, avant de lire un article sur le sujet pas plus tard que ce matin, je n’avais jamais entendu parler de culture hydroponique. Et vous ?

La technique n’est pas nouvelle et date un peu même, puisque la culture hydroponique, la culture dans l’eau donc, existe depuis au moins 600 av JC, ce qui ne nous rajeunit pas forcément.

Elle a aussi été extensivement utilisée par l’armée américaine durant la seconde guerre mondiale pour nourrir ses pléthoriques armées à travers le monde.

Et voilà qu’elle ressurgit à l’occasion du moins prévisible des phénomène : la pandémie mondiale qui nous frappe tous depuis un an.

Quand la peur de la pénurie relance un marché

Paniqués par les risque de pénurie, voilà que des milliers d’américains se sont mis dans l’idée de faire pousser eux mêmes leurs salades, ou leurs tomates, ou quelque légumes que ce soit que vous pourriez habituellement trouver dans un jardin, voire dans un champ.

Car ce que propose l’agriculture hydroponique n’est rien moins, peut-être, qu’une des formes de l’agriculture du futur.

Les spécialistes y voient un moyen très intéressant de réduire les émissions de CO2 en raccourcissant radicalement les circuits de distribution, mais aussi en réduisant les risques de gâchis. Quand vous faites pousser des laitues, vous avez moins tendance à les jeter qu’une coopérative agricole qui, pour des raisons de productivité et rationalité a tendance à « benner » pas mal de la production agricole. De nombreuses vertus sont associées à cette agriculture et elle convainc vraiment de plus en plus de monde, même si on parle encore d’un marché minuscule (850M$ à l’échelle des Etats-Unis) et que son succès semblerait provenir de classes privilégiées des grands centres villes américains plutôt que des horizons sans fin du Middle West ou des banlieues anonymes de Los Angeles. Autrement dit : c’est encore pas mal un truc de bobos 🙂

Mais qu’importe, car le mouvement semble en marche et receler en soi de nombreuses promesses dont les conséquences pourraient transformer la manière dont nous consommons des plantes fraîches.

Alors, faut-il s’emballer pour l’agriculture hydroponique ?

Hoooo là, Jolly Jumper, pas si vite !

On le sait très bien : les prémisses d’un mode de consommation, et une accélération durant une crise ne sont pas les garanties d’une certaine pérennité nécessaire à la transformation d’un marché.

Le prix des machines – car on parle de machines – à faire pousser des carottes sont encore dans une large mesure inaccessibles. Il s’agit de produits à 1000$ en moyenne. Pour devenir son propre agriculteur, c’est encore un peu cher. Et bien sûr, les coûts de production et les prix de vente doivent encore baisser pour pouvoir prétendre atteindre le marché de masse.

De plus, tout le monde n’a pas vocation à avoir la main verte, même si, apparemment, le succès de la récolte est garantie par les fabricants de ces machines hydroponiques.

Tout le monde ne veut pas non plus que son salon ressemble à une serre agricole.

De nombreux freins psychologiques existent.

Une « révolution verte » à observer

Pour autant, il est intéressant d’observer ce marché et de suivre les startups qui se sont lancées dans l’aventure. Il est toujours étonnant de voir qu’à la faveur des crises émergent ou renaissent d’anciennes technologies reformatées au goût du jour (introduction du numérique), technologies qui peuvent ou pourraient permettre une nouvelle rupture dans la chaîne de distribution d’un marché. Ça aussi, c’est de l’innovation !

Intéressé par la culture hydroponique ? Voici quelques startups qui vous proposent des machines à faire pousser des légumes :

Photo par Emile-Victor Portenart

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *