Podcast #12 avec Richard Winckels, fondateur de Brik

Richard WINCKElS est le CEO de Brik, start-up française qui agit sur le marché de la gestion immobilière. Son objectif est de simplifier de A à Z le parcours de l’investisseur immobilier en digitalisant celui-ci. Créée il y a moins de 2 ans, Brik vient de réaliser sa seconde levée de fonds de 1 500 000 euros. Dans ce podcast, Richard nous dévoile son parcours, son ressentit concernant le domaine de l’investissement immobilier, le fonctionnement de son application et bien plus encore…

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Olivier Sauvage : Bonjour à toutes, bonjour à tous ! On le sait tous, innover, faire évoluer son business model ne sont pas des choses faciles, surtout quand on est une petite entreprise. Avec ce podcast “Comment j’ai innové” par Markopolo, agence d’innovation, je reçois à chaque épisode un entrepreneur ou une entrepreneuse qui a réussi à innover son business model ou à faire évoluer son marché grâce à ses talents d’innovateur. Je l’interview sur sa méthode, sa démarche, sa manière de transformer son activité pour le plaisir de partager ses savoirs-faire, avec vous chers auditeurs. Objectif : rendre les entrepreneurs français plus innovants, encore plus compétitifs, en utilisant les outils du numérique ou pas. Et surtout en étant plus inventif et plus imaginatif. C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Richard Winckels, patron et fondateur de la start-up Brik, qui promet une révolution dans le marché de la gestion immobilière.“Comment j’ai innové” épisode 12, c’est parti !

 

Aujourd’hui j’ai donc le plaisir de recevoir Richard Winckels, qui va nous dire à quoi correspond ce nom, c’est intéressant, je trouve. Il est le patron et le fondateur d’une start-up qui s’appelle Brik, qui promet une révolution dans le marché de la gestion immobilière, en tout cas, c’est ce qu’espère Richard. Alors pour commencer, Richard, es-ce que tu peux nous dire un petit peu qui tu es, quel est ton parcours, ton CV, on va dire.

 

Richard : Bonjour Olivier, je suis Richard Winckels, j’ai 34 ans, je suis père de 3 enfants. J’ai créé Brik il y a 2 ans déjà, mais avant ça, j’ai 18 années de parcours entrepreneurial. J’ai commencé depuis mes 18 ans dans le e-commerce, dans l’activité de biens électronique, de lecteur DV, puis je me suis tout doucement dirigé vers une solution publicitaire. Ensuite, j’ai investi tout doucement dans l’immobilier, il y a une dizaine d’années. Alors c’était en parallèle de mes activités de web où je faisais des sites en ligne. J’avais une envie d’épargner, de pouvoir penser à autre chose que travailler dans mon futur. Je me suis dit que l’immobilier était peut-être la bonne solution. Et mon parcours immobilier à commencer à ce moment-là.

 

Olivier : En fait, c’était un parcours pour essayer de s’enrichir plus vite et pour pouvoir prendre sa retraite plus tôt, c’est ça ?

 

Richard : C’était clairement un calcul, je ne me suis pas retrouvé en tant qu’entrepreneur, mais une fois qu’on gagne un petit peu d’argent, on aime bien s’assurer une certaine pérennité dans le temps. C’est une façon de trouver cette régularité des revenus quand j’aurais une cinquantaine d’années.

 

Olivier : L’immobilier ce n’est pas un marché compliqué quand on n’y connaît rien, parce qu’on a l’impression que c’est facile d’acheter et de vendre, finalement, c’est ce qu’on disait avant l’enregistrement. N’importe qui peut devenir vendeur mais ce n’est quand même pas évident.

 

Richard : C’est vrai que c’est de plus en plus complexe déjà. Il y a dix, ce n’était pas comme aujourd’hui, il y a de plus en plus de réglementations. Mais il y a clairement un marché qui se dessine. Plus on essaye d’être malin ou plus on se retrouve confronté à des gens qui sont bien ancrés sur le marché et c’est là que ça devient plus compliqué. Je l’ai analysée à l’échelle locale. Comment j’ai fait pour passer de 1 appartement à un boulevard à Lille d’une quarantaine de biens en une dizaine d’année, c’est en regardant et en apprenant des professionnels parce que j’étais plus jeune dans le domaine, je me suis associé d’abord et puis tout doucement, j’ai regardé comment faisait les uns et les autres. J’étais introduit sur un marché qui est extrêmement fermé, un marché de professionnels que ce soit au niveau des apporteurs, des agents, des marchands habituels en fait. Ce marché-là évidemment, j’en faisais partie et au bout de quelques années, j’ai cherché à trouver une méthode pour me développer, mon instinct d’entrepreneur me faisait dire qu’il fallait que je puisse grandir, et très compliqué de se développer quand on a cette méthode de sourcing parce que la stratégie immobilière primaire elle est : “sélectionné le bon bien”. Et comment on fait pour sélectionner le bon bien immobilier aujourd’hui, c’est beaucoup de travail, de temps, de temps de proximité, de temps avec les apporteurs, être en confiance avec des gens qui n’ont pas besoin de chercher un acquéreur parce qu’il y a beaucoup plus d’acheteurs que de vendeurs, donc difficile de percer ce marché. Je me suis cherché des solutions pour essayer de développer cette mécanique à l’échelle nationale et j’en suis venu à me dire qu’il n’y avait pas de solutions sur cette mécanique, c’est-à-dire d’acheter des immeubles, revendre les étages, garder le rez-de-chaussée. Tout ça prend toujours du temps donc ce n’était pas scalable. Je me suis dit qu’il y avait quand même forcément une technique, une technologie qui permettait à un moment donné de passer à l’échelle nationale en réduisant le temps passé. Et l’idée de Brik m’est venu à ce moment là, j’ai commencé à réfléchir comment faire pour sourcer les biens de qualité sans pour autant devoir passer du temps dans la rue, dans des bars ou à discuter avec des gens qui ont parfois une vrai infos, parfois une fausse infos, allez au cadastre vérifier ce genre d’infos, donc comment on fait pour ne plus devoir passer son temps à ça parce que c’est un métier de pro qui nécessite 100% du temps, à une solution qui soit 100% digitalisée pour pouvoir récupérer des informations clair, avec des ventes clairs, en toute confidentialité et en toute exclusivité. C’est ça l’intérêt, c’est de pouvoir acheter de manière exclusive sans devoir être pressé par le temps comme le font les agents immobiliers ou quand on est sur Leboncoin à devoir chercher des biens. Il faut toujours aller très vite, se décider dans l’urgence parce qu’on a l’impression qu’on passe à côté d’une affaire. Comment on fait pour enlever tous ces “pain points”. J’ai créé une application qui s’appelle Brik et qui de manière toute simple permet de mettre en relation tous les propriétaires de France en immobilier invest pour pouvoir dans le temps liquider le marché et faire des achats vente entre propriétaires.

 

Olivier : Je reviens un peu en arrière parce que tu as dit que tu avais créé une application, mais en fait, tu avais déjà comme tu l’as dit tout à l’heure un background dans le e-commerce, dans l’IT. C’est quelque chose qui t’est venu assez naturellement de te dire que tu allais créer une application. Ce que j’arrive pas à bien comprendre, tu vas nous l’expliquer. Le « sourcing », c’est compliqué, il faut connaître le marché. En fait, c’est un marché qui est détenu par les agents immobiliers qui ont intérêt eux à rendre le marché opaque pour le monopoliser. Tu disais, finalement “est-ce qu’on a vraiment besoin de ces intermédiaires-là”. Ce que je ne comprends pas, c’est comment on fait pour passer au-dessus ces gens-là même si ce n’est pas trop sympathique pour les agents immobiliers.

Richard : Nous, on n’appelle pas ça des agents immobiliers, mais plutôt des experts. L’objectif est de restituer l’information comme elle est, et ne pas sur vendre des produits. Ce n’est pas des vendeurs, mais des experts qui expliquent la technicité d’un produit, donc ça, c’est le métier pour la reconversion des agents immobiliers avec Brik, ça sera de passer en mode expert, parce que les agents immobiliers sont plutôt sachant, mais là où on peut leur reprocher, c’est de maintenir la confidentialité dans l’information. C’est-à-dire que les rémunérations sont tellement élevées chez les agents immobiliers que l’identité des propriétaires, la potentielle mise en vente d’un local, sera toujours maintenue confidentielle jusqu’à la délivrance d’un mandat, et ensuite, il ira le commercialiser. Donc c’est très compliqué en tant qu’acquéreur qui arrive sur un marché de se dire « tiens, je vais acheter ce bien. J’ai les moyens donc je vais acheter ce bien”. Parce que même si vous avez envie d’acheter ce bien, peut-être que l’agent immobilier fera en sorte de ne pas le vendre à vous et va le vendre à quelqu’un d’autre. C’est très compliqué en tant que l’acquéreur parce que, quand on a les moyens et qu’on a envie de faire quelque chose, on a envie d’assouvir son besoin, parce qu’en plus, c’est un bon choix. Mais ça va retomber dans les mains des habitués. Effectivement, les agents immobiliers, de manière classique, ne peuvent pas intervenir chez Brik. Et comment fait-on pour ne plus devoir les utiliser ? Il suffit de s’inscrire sur notre plateforme et en tant que propriétaire. Pour le moment, c’est seulement une plateforme entre propriétaires. Si vous êtes déjà propriétaire, vous pouvez venir piloter votre bien et on viendra vous proposez des biens à la vente en fonction de votre profil. C’est-à-dire que si vous êtes déjà propriétaire d’un ou deux studios dans votre ville, on viendra vous proposer d’autres biens sur un périmètre proche avec les mêmes revenus et on vous proposera un bien d’un autre propriétaire qui viendra vous le proposer. On aura ainsi une transaction qui aura lieu directement entre propriétaires.

Olivier : C’est comme une place de marché ou pas ? C’est-à-dire que les propriétaires viennent aussi mettre en vente des biens et le “sourcing” il se fait comme ça finalement ?

Richard : Alors la question, c’est de savoir comment cette plateforme est-elle composée. On attire les propriétaires sur la plateforme. On a une stratégie en trois temps. Brik, c’est acheter, développer, piloter. Notre premier objectif a été d’exploiter au maximum les bases de données mises à disposition pour pouvoir retranscrire de l’information et de la confiance. Sur notre site, vous pouvez par exemple taper une adresse en France et on va vous dire sur une échelle de 0 à 100, l’indice de confiance du point de vue de l’investisseur, est-ce que oui ou non il faut aller à cet endroit. En quelques secondes, ça vous permet de voir si oui ou non le produit que votre apporteur vous donne est intéressant ou pas avec des critères.

Olivier : Et comment c’est fait ça ? C’est une recette secrète, on ne sait pas ce qu’il y a dedans quoi ?

Richard :C’est mon expérience que j’ai appliquée sur tous les chiffres que j’avais en main, sur l’échelle nationale, qui reflète un indice. De 0 à 100, c’est très parlant évidemment. Derrière, on a comment on a calculé cet indice en vrai avec des informations qui sont restituées, notamment la progression du prix au mètre carré, la densité, le nombre de transactions sur ce volume particulier de transaction parce que si vous achetez un bien qui vaut 300 000 €, alors que tout le marché se passe à l’alentour de 100 000 €, vous allait bien comprendre que c’est risqué. La liquidité de l’actif, c’est-à-dire, est-ce que je vais pouvoir le vendre rapidement ou pas ? Est-ce que dans le temps, j’ai de la chance de faire de la plus-value ou pas ? Parce qu’on mesure les plus-values..

Olivier : Ce sont des données que vous récupérez comment ?

Richard : Ce sont des sources de bases de données qui sont disponibles en ligne, notamment l’EDVF, qui est une des plateformes du gouvernement. On met la base des populations, on mesure en fait si dans une ville la population augmente ou diminue parce que c’est un facteur d’une future baisse ou d’une future hausse. La criminalité, on mesure l’ensemble des sites de ventes, Leboncoin, Seloger.com, on va faire de la veille sur les quantités d’annonces, sur le temps qu’elles restent disponibles.

Olivier : Il y a une ingénierie assez dingue quand on voit tout ça parce qu’il faut récolter toutes ces données, il y a un investissement au départ pour mettre en place cet algorithme.

Richard : On a mis à peu près huit mois pour le concevoir et le mettre en ligne, ce service est en ligne depuis juillet 2020. Ensuite, on a développé notre deuxième totem, notre deuxième pilier chez Brik qui est la gestion, c’est notre partie pilotée. C’est là où on va transformer l’activité de propriétaire en immobilier d’investissement en quelque chose d’ultra facile et cool, ça va être marrant de pouvoir gérer son bien avec son application ou le site Internet. On a couvert l’intégralité des propriétaires, que ce soit pour un petit studio ou pour un propriétaire de 40 locaux commerciaux. L’intégralité des propriétaires peut venir piloter pour 4,90 €/mois l’intégralité de son parc. C’est un coût très faible. L’idée étant d’intégrer un maximum d’informations encore une fois et de le regrouper avec tout ce qu’on vient de parler sur les progressions des prix, sur l’indice. Est-ce que c’est une zone qui est encore intéressante pour investir où retirer ses investissements ? On en vient à la dernière base de notre business model qui est la vente. On va être force de proposition à ces propriétaires une fois qu’ils pilotent, de recommander la vente de leur biens ou pas. Cette phase qui est en France d’environ huit ans, quelqu’un qui achète un bien en investissement le garde environ huit ans. L’idée c’est qu’une fois ces huit ans passés, on va proposer de le vendre à d’autres propriétaires avec un coût qui est deux à trois fois moins chère que celui du marché parce que on prend 1,9 % de frais de transaction et on le met en relation avec un vrai propriétaire et nous on joue l’intermédiaire dans la transaction, et c’est là où on est très novateur aujourd’hui c’est que notre plateforme accueil actuellement 8 000 propriétaires, hier on a fait 143 propriétaires sur la journée. Et donc tous les jours on accueille ces propriétaires qui sont des futurs vendeurs, puisque l’objectif d’un investissement c’est qu’un jour il faut vendre pour récupérer son investissement. C’est le circuit de l’immobilier d’investissement, c’est de l’achat-vente. Certes c’est du long terme parce que c’est en moyenne huit ans , mais c’est comme ça que Brik va fonctionner.

Olivier : D’accord, il y a juste une question que je me posais depuis tout à l’heure. Ça veut dire quoi piloter son bien, j’ai un peu du mal à comprendre.

Richard : C’est qu’en fait, il y a toute une série d’activités, c’est vrai qu’on ne mesure pas forcément quand on veut être propriétaire ou qu’on est propriétaire où ça peut parfois mal tourner. C’est l’accompagnement, c’est-à-dire ne pas se faire déranger à 23 h par un locataire qui aurait perdu ses clés, là, c’est Brik qui s’en charge. Il n’y a pas besoin de vérifier son compte en banque pour savoir si le locataire à payer son loyer, c’est nous qui le relançons. On gère toute l’intendance de la détention de l’actif pendant la période de l’investissement.

Olivier : D’accord, c’est bien parce que ça libère tous les éventuels soucis que peut avoir le propriétaire.

Richard : L’objectif, alors là, on arrive dans l’innovation. Ce que j’adore par-dessus tout, c’est standardiser et mettre des process et justement en gestion ce n’est que du process. On a une application qu’on développe ici en interne qui nécessite environ 80 % de nos ressources, ce sont des développeurs web. L’idée, c’est qu’à chaque fois qu’on a des problématiques, comment on fait pour qu’elle soit solutionnée le plus rapidement possible et de manière automatisée ou intelligente, voilà comment on fait. Pour ne pas entrer dans le processus traditionnel de la gestion, pour donner des exemples, tout se passe par mail, chat ou SMS. C’est centralisé sur une plateforme sur laquelle on fait des réponses. Tout le monde peut y accéder, on peut joindre des photos s’il y a une dégradation et on intervient comme ça de manière ultra rapide par chat. C’est un système qui doit être très rodé parce que c’est la masse qui fait le succès de la transaction. Et dans la masse, on doit avoir un niveau d’exigence parce que la gestion, c’est un métier qui est compliqué et qui reste très processable.

Olivier : D’accord, c’est très surprenant parce qu’on imagine mal que c’est processable vu la quantité de problèmes qu’il peut y avoir, mais c’est vraiment impressionnant.

Richard : Notre métier ce n’est pas de solutionner le fond du problème, quand on est en gestion chez Brik, en tout cas en mode SAS, l’idée, c’est d’informer et de conseiller le locataire ou le propriétaire. Un locataire qui a perdu ses clés à 23 h du soir, le contrat prévoit, en tout cas en France, que la personne trouve un logement autre part. Si vous étiez en face-à-face avec votre locataire, peut-être que vous seriez sorti de votre lit et que vous auriez été lui ouvrir parce que vous n’auriez pas mis un pare-feu. Brik ça sert un petit peu de pare-feu, on est là pour expliquer la règle. Dans tout ça, Brik n’est pas allé ouvrir la porte à votre locataire et pourtant, vous n’avez pas été dérangé. Pareil pour la relance des loyers, on a des systèmes de paiement ultra performant qui permet de payer même par carte bleue ou par virement bancaire avec des relances automatiques par SMS, e-mails, recommandés en ligne. On envoie des huissiers en un clic chez les locataires, ce qui est aujourd’hui ultra chronophage pour un propriétaire parce qu’on ne connaît pas forcément un huissier.

Olivier : Ce sont beaucoup de soucis aussi pour un propriétaire.

Richard : Alors que tout ça, c’est habituel dans le monde de l’immobilier, ça peut aussi faire peur le mot “recommandé”, le mot “huissier”. Nous, on les absorbe et c’est notre quotidien et on fait pour que votre investissement puisse être piloté de la manière la plus autonome possible.

Olivier : Très bien ! C’est vraiment très impressionnant, je n’imaginais pas qu’on puisse arriver à automatiser tous ces processus, tant mieux.

Richard : Quand l’application est intégrée dans ce qu’on fait actuellement avec l’ensemble des développeurs, on peut tout faire. Tout ce qui doit être pris en compte, c’est peut-être l’expérience utilisateur derrière qui doit être au rendez-vous parce que l’immobilier, c’est un milieu très traditionnel avec habituellement beaucoup de contrainte, et c’est comment faire pour justement on se sente en confiance, on se sent libéré des tâches et en même temps concrètement quand on se retrouve sur l’application ça soit vraiment facile. Comme on le développe nous-même, on y arrive et j’espère qu’on y arrivera de plus en plus.

Olivier : Un autre point, tu a évoqué tout à l’heure le sujet de la revente. Comment ça se passe parce que tu parlais de 8 ans, mais est-ce que ça peut être moins ? Est-ce que ça peut être plus ? Est-ce que c’est quelque chose qui est optimisé ? Parce que vous allaient avoir une immense connaissance du marché finalement, donc à un moment donné, tu vas pouvoir dire à un de tes utilisateurs “tiens, on sent que c’est le moment de revendre”.

Richard : Il y a quelque chose qui se passe en immobilier en France, c’est intéressant, les gens ont du mal à comprendre la différence entre la rentabilité et le prix du mètre carré. Le prix du mètre carré, il n’est pas trop regardé, ce qu’on regarde, c’est la rentabilité. Aujourd’hui, il y a énormément de villes en France où le prix du mètre carré est passé en dessous de la valeur de reconstruction. Quand on achète des immeubles à 600 € du mètre carré à 12 % de rentabilité, ce qui attire, ce sont les 12 % de rentabilité. Mais 600 €, une fois qu’on passe le gap de la valeur de reconstruction, techniquement, ça veut dire que ce 600 € pourrait se transformer en 300 € dans 10 ans, et donc une perte en capital de 50 %. Ces informations-là, il faut les restituer aux gens, il n’y a pas que la rentabilité parce que la rentabilité sera forcément complètement effacée s’il y a une perte en capital.

Olivier : D’accord !

Richard : Nous, on a ces informations-là parce que, quand dans une ville ça fait 7 ans qu’on a une baisse de 4 % de l’an, on peut imaginer que ça continue. De plus, on a des raisons qui expliquent cela dans notre cas puisqu’on a intégré les flux tertiaires, donc on va vérifier où les gens vont travailler et où ils vont dormir. En fonction de ça, on crée une tendance et l’immobilier de bureau dans le secteur où j’ai mon travail à priori monte et le secteur où les gens vont dormir, l’immobilier d’habitation augmente. Mais ça se sectorise de plus en plus, c’est-à-dire qu’il y a des zones tertiaires, il y a des zones habitables, et il faut rester en veille le dessus parce que le prix de l’immobilier peut continuer de chuter même si ce n’est pas cher. Effectivement, le fait d’avoir accumulé toutes ces données, de les restituer en temps réel dans le pilotage du bien permet d’être force de proposition. C’est le bon moment pour vendre parce qu’on projette un prix qui va encore baisser et avec l’argent que vous pourriez récupérer, vous pourriez acheter, et là, on propose une solution pour pouvoir réinvestir.

Olivier : Pour revenir sur la jeunesse du projet parce que tu es passé d’investisseur immobilier à jeune entrepreneur. Comment tu as fait pour la partie technique ? Tu as dû recruter des ingénieurs ? Parce que ce n’est pas évident de trouver les bonnes personnes pour bien développer une application.

Richard : Alors effectivement, quand on lance une application tech, le principal, c’est évidemment de savoir de quoi on parle et historiquement, je suis développeur, j’ai développé moi-même dans les années 2005 ma propre plateforme e-commerce, à l’époque où le e-commerce était en parallèle avec EBay et j’ai acquis des compétences, alors maintenant ça a bien changé, mais ça a permis de faire les bons recrutements et c’est vrai que le premier noyau qu’on a constitué était très important ici chez Brik. Je l’ai fait évidemment sur l’instinct aussi, il faut que la relation ne soit pas que technique, il faut qu’elle soit comprise sur la stratégie, sur l’ambition du projet. On a commencé évidemment avec des presta externe notamment recrutés avec malte. Tout doucement, on a commencé à recruter en septembre l’année dernière et aujourd’hui on est 12 CDI et des contrats externes à temps plein, on atteint environ 20 personnes aujourd’hui qui travaille avec Brik quotidiennement.

Olivier : D’accord, alors j’ai vu que récemment, tu avais levé 1,5 millions d’euros pour continuer ta croissance, mais au début comment tu as fait pour développer tout ça ? C’est parti de ton temps perso, de ton fond propre ou tu avais déjà trouver des investisseurs qui étaient prêts à mettre un peu pour démarrer le projet ?

Richard : Alors le tout premier engagement évidemment, c’est moi seul. J’ai toujours calculé de la manière suivante depuis que j’ai commencé. Mes parents m’ont donné 10 000 €, c’est comme ça que j’ai commencé et à chaque fois que je faisais des affaires, j’avais une méthode toute simple. Sur 100 % de la somme gagnée, il y a 50 % que je dépense tout de suite, 50 % que je réinvestis dans une boîte et dans 50 % que je place pour le futur. J’ai toujours fonctionné comme ça. L’immobilier, c’est vrai que c’est très lucratif et je me suis dit, quoi qu’il arrive aujourd’hui, j’ai commencé il y a 32 ans, j’ai envie d’exploser dans une industrie, j’ai une petite expertise en immobilier. J’ai continué sur cette idée-là et j’ai trouvé la solution de percer le marché national, voire même international par cette méthode. J’ai mis mes propres fonds au tout départ, la BPI m’a accompagné parce que j’avais mis ça en capital et un partenaire bancaire. Ensuite j’ai commencé tout seul un premier round show avec 7 premiers investisseurs que j’avais rencontrés et j’ai eu 7 “oui” sur ce tour de table qui a été un succès très rapide qui a été fait pendant l’été et qu’on a annoncé le 16 septembre.

Olivier : D’accord ! Donc financement, on a vu, problème technique, on a vu. Est-ce que tu as rencontré des oppositions, est-ce que tu as rencontré des gens qui ont dit “Richard Winckels, il va tout casser”, il y a forcément eu des réactions négatives ?

Richard : Évidemment, ça peut faire un peu peur au marché de l’immobilier. Il faut savoir que le mot “agent” est banni de la plateforme. Néanmoins, il y a des professionnels dans l’immobilier, il y a des professionnels dans les marchands de biens, il y a des professionnels dans le marché de l’immobilier qui font un vrai travail de qualité parce qu’un agent immobilier, c’est pas juste quelqu’un qui va chercher à vendre un bien. J’ai travaillé avec des agents, d’ailleurs les plus grands et pro du marché, on ne peut pas faire sans eux. Parce que c’est des gens qui doivent travailler et à la fois l’occupant, le preneur et de l’autre côté le bailleur et trouver un moyen pour pouvoir revendre l’actif parce qu’il y a toujours des cas particuliers et donc quand l’agent immobilier fait son travail de manière très bien, Brik ne sera pas un concurrent. Néanmoins sur les réseaux d’agences du type Megagence, Efficity qui donne des cartes à des gens auxquels ce n’est pas le métier. Évidemment, ces gens-là auront de plus en plus de mal à trouver des rémunérations pour quelques informations puisque la plateforme Brik est censée éliminer les intermédiaires qui seraient trop simples.

Olivier : Je reviens sur la levée de fonds récente de 1,5 millions, alors moi, j’étais curieux, j’étais allé voir sur le blog. Ça va servir à quoi tout ça ? Comment ça va se passer ? D’ailleurs, avant de parler de ça, qu’est-ce qui t’as poussé à aller chercher plus de fonds ? Tu avais besoin d’accélérer ?

Richard : Dans la notion de marketplace, d’un leader de marché, dans les années 2020, c’est impossible de le faire sans moyens et il faut le faire très très vite. Pas forcément pour ne pas se faire doubler, mais aujourd’hui techniquement, on a atteint un niveau très rapide, mais c’est pour mélanger le métier à la technique ça prend évidemment du temps et une fois qu’on a réussi ce mélange, on voit que ça commence à prendre et c’est ce qui se passe aujourd’hui avec une centaine de propriétaires tous les jours et on espère franchir les 200 par jours d’ici 1 mois. Il faut absolument transformer l’essai et c’est ce qu’on a défini dans notre développement, c’est d’évidement continué à développer notre application pour presque ⅓ de l’investissement. Il y a ⅔ qui vont servir à aller acquérir notre plateforme.

Olivier : C’est carrément plus que sur la prospection, acquisition que sur le développement. C’est ⅔ – ⅓ le rapport ?

Richard : Oui, l’équipe est déjà assez solide. On est déjà une dizaine de développeurs, essentiellement des professionnels, avec des techniques qui sont très modernes. On arrive maintenant à sortir des features de manière ultra régulière. On a une round map qui est très claire et définie qui sera ultra intéressante pour tous nos utilisateurs. Mais le nerf de la guerre aujourd’hui, c’est d’aller choper la communauté de propriétaires, la communauté de confiance. C’est ce qu’on fait aujourd’hui, là, on est les premiers à se placer sur ce secteur-là.

Olivier : Et comment ça se passe ? Tu as des gens qui vont chercher des proprio ou c’est par le web avec des annonces, de l’adwords ou autre ?

Richard : C’est tout à fait traditionnel, on fait de la communication, beaucoup d’ailleurs. On a un service derrière qui est immédiatement utilisable par nos utilisateurs et donc testable, c’est ce qui fait que la communication est plutôt facile. On ne cherche pas juste des gens qui investissent parce que là, c’est plus compliqué et puis il y a déjà beaucoup de compétition chez les promoteurs qui veulent vendre leurs programmes, les banques et d’autres compétiteurs qu’on connaît et qui font de la clé en main en investissement. Donc ces gens-là, évidemment, communiquent sur la partie investisseurs, nous, on communique simplement sur accueillir des propriétaires qui ont besoin qu’on les soulage de leur activité immobilière parce qu’ils en ont un petit peu marre, mais ils ont besoin de ça pour leur futur parce que c’est quand même leur patrimoine. Ils veulent une application qui soit sérieuse et qui les accompagne pendant plusieurs années. C’est un peu plus facile pour aller les chercher, et derrière, on leur apporte tout le niveau d’information nécessaire pour aboutir à une future vente et achat si la personne souhaite continuer à faire de l’immobilier.

Olivier : Ok, je pense qu’on a fait le tour de la question. Pour terminer cet entretien, moi, je me demande toujours une chose, c’est que là, on voit que ça marche plutôt bien, que c’est encourageant. On est au début de l’histoire finalement parce que 1,5 millions, c’est beaucoup, mais au fait que dans le monde des start-ups ce n’est pas tant que ça en fait. Est-ce qu’il y a une chose que tu retiens, quelque chose qui t’a marqué dans cette histoire ? Une bonne chose ou une mauvaise chose pourquoi pas, mais est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a particulièrement frappée, qui t’a encouragé à continuer ou un conseil que t’aimerais partager ?

Richard : Alors évidemment dans tout projet, l’adrénaline du début, l’angoisse de savoir si on va avoir ses premiers utilisateurs, c’est vraiment la satisfaction la plus incroyable. C’est de passer en début d’année à 1 à 2 utilisateurs par semaine pour arriver à maintenant une centaine par jour, c’est ce qu’il y a de plus gratifiant. De voir qu’au quotidien nos interventions permettent de solutionner des problématiques concrètes. Le but de l’entrepreneur, c’est de trouver des solutions pour faciliter la vie de tous ces utilisateurs. C’est toujours ce qui m’anime aujourd’hui, c’est de pouvoir accompagner nos utilisateurs, avoir un service qui soit un reflet réel d’un marché, qui soit pas quelque chose qui soit artificielle. Au-delà de ça, moi qui ai eu beaucoup d’expériences entrepreneuriales, c’est la première fois que l’on arrive à grossir et à faire équipe avec des gens brillants. La force de Brik, c’est d’être entouré d’une équipe exceptionnelle et au quotidien, c’est un plaisir. Je dirais qu’on s’entourer de bonnes personnes et il faut foncer quand on a une bonne idée, c’est ce que je fais, j’espère avec Brik aujourd’hui.

Olivier : Ok, dernière petite question. Est-ce qu’il y a un entrepreneur ou une entrepreneuse qui t’inspire particulièrement ?

Richard : Alors je ne vais pas sortir des sentiers battus, mais moi étant jeune, j’avais mon petit mentor, Richard Branson. Aujourd’hui les gens diront plus du Elon Musk ou du Jeff Bezos, mais moi ça a toujours été Richard Branson. Déjà, parce qu’il s’appelle Richard et puis il a toujours développé ses business dans n’importe quel cœur d’activité à fond, même pour essayer. Moi, je suis un peu comme ça, j’aime bien tester les choses et après, il faut aussi savoir couper quand ça ne fonctionne pas. J’apprécie aussi sa mentalité toujours positive dans ses activités.

Olivier : Ok, Merci beaucoup Richard pour tout ce temps passé avec moi, avec nous et puis j’ai plus qu’a te souhaiter bonne continuation parce que je suis sûr que ça va marcher et j’admire franchement bravo.

Richard : Merci beaucoup ! À bientôt.

Olivier : Ce douzième épisode de “Comment j’ai innové » est terminé. Merci de nous avoir écouté, j’espère qu’il vous aura été instructif et que vous avez eu du plaisir à nous écouter. Notre plus grande satisfaction est que vous n’aviez pas perdu votre temps et que les partages d’expérience que nous proposons puisse vous être utile dans vos propres projets. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le faire connaître à votre entourage en le partageant sur les réseaux sociaux ou simplement en le likant sur la plateforme de votre choix. Votre soutien est bien sûr notre plus grande récompense. Et au cas où vous en voudriez encore sachez que nous avons en réserve tout un tas d’épisodes pour vous que vous pouvez retrouver sur une page spécialement dédiée à cela sur notre site https://markopolo.fr/podcast/.