Podcast #9 Damian Py, inventeur, passionné de technologie, entrepreneur

Damian rencontre son associé Antoine Fichet en 2015.

En 2016 ils créent Daan Tech, qui est un assemblage de leurs deux prénoms Damian et Antoine (DaAn)

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Olivier Sauvage : Comment transformer une idée en projet ? Comment transformer un projet en produit ? Et comment transformer un produit en succès ? Tel est l’enjeu de l’innovation et telles sont les questions auxquelles ce podcast que j’ai l’honneur de vous présenter essai de répondre. Avec des personnalités, des femmes, des hommes, des entrepreneurs et entrepreneuses, des aventuriers et aventurières, des inventeurs et inventeuses, qui marquent de leurs empreintes le monde d’aujourd’hui et le transforme pour nous donner à tous un avenir plus enchanteur, plus sobre et plus excitant.

Bienvenue sur Comment j’ai innové, le podcast de Markopolo dédié à l’innovation et aux innovateurs.

Je suis Olivier Sauvage, fondateur associés de Markopolo, ex-capitaine commerce et j’ai le plaisir d’accueillir sur cet épisode Damian Py, un sacré jeune homme, inventeur, passionné de technologie, entrepreneur, et maintenant industriel. Car Damian est celui par qui la réindustrialisation de la France pourrait bien passer grâce à son ambition et son talent digne d’un James Dyson.

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais si je vous souffle le nom de Bob, non pas l’éponge, mais le lave-vaisselle alors peut-être qu’un sourire curieux apparaitra sur votre visage.

On n’en parle tout de suite dans Comment j’ai innové épisode 9.                         

Damian, je vous ai découvert sur France culture, je suis tombé un peu par hasard sur votre extraordinaire aventure d’entrepreneur, et quand j’ai lu cet article, je me suis tout de suite dit que j’avais besoin de vous rencontrer, de vous parler et de vous interviewer sur le sujet de l’innovation. Parce que je trouvais que vous êtes emblématique, à la fois d’être entrepreneur et à la fois d’être inventeur. Donc je suis ravi de pouvoir vous avoir avec nous sur ce podcast. Tout d’abord merci et bonjour.

Damian Py : Merci de m’avoir invité et bonjour aussi.

Olivier : On va commencer tout de suite par une question très simple. Est-ce que vous pouvez nous parler rapidement de votre parcours personnel puis de votre associé Antoine Fichet, parce qu’il me semble que c’est aventure est un binôme. 

Damian : C’est exactement ça, à la base j’ai un profil plus ingénieur, parce que depuis que je suis tout petit j’aime créer des choses. J’ai appris l’électronique à 11 ans  et au collège je faisais de petits robots, je transformais des appareils photos en tazer.

Je ne me voyais pas le faire pour quelqu’un. Je voulais créer des choses qui me plaisent, et c’est ce qui m’a donné envie d’être entrepreneur.

C’est ce qui m’a amené plus vers une formation commerciale que technique. Et après j’ai rencontré mon associé, qui lui avait eu cette idée de petit lave-vaisselle. Il avait eu l’idée en 2009, et je l’ai rencontré en 2015.

Mais voilà il n’avait jamais sorti le produit, il n’avait jamais dépassé le concept. Il réfléchissait en termes d’usage, mais n’était pas très technique, plus marketing. Je voulais faire quelque chose d’industriel, de Made In France mais je ne savais pas quoi faire, et lui avait cette idée. Donc on s’est dit « Bingo ! » On s’associe et puis voilà. On s’est associé en 2016, et depuis on a fait 5 ans de routes ensemble pour mettre le produit sur le marché en octobre 2020. Et potentiellement sortir d’autre produits dans le futur.

Olivier : En 2016 vous avez créé Daan Technologie, pourquoi ce nom ?

Damian : Ça vient d’une concaténation de nos deux prénoms, Daman et Antoine donc Daan. Pour moi Bob c’est une première idée, mais j’ai vraiment en tête l’idée de pouvoir faire des produits technologiques construit en France. Là on a commencé par Bob, mais j’ai envie de dire que si demain on construit des vélos électriques, des trottinettes, des lave-linges ou peu importe c’est toujours un peu les mêmes compétences qu’on va utiliser.

Olivier : D’accords, si ce sont des vélos électriques je veux bien être votre essayeur numéro 1. Pour revenir sur votre histoire personnelle, que je comprenne bien et que les auditeurs comprennent bien, vous venez d’un environnement familial plutôt orienté vers les technologies ? Où alors vous êtes le seul inventeur de la famille ?

Damian : Oui on peut dire que je suis un peu l’électron libre, parce que mes parents n’ont pas le bac, la plupart de ma famille non plus et j’étais vraiment passionné par la science. Quand j’étais petit j’étais fan de Fred et Jammy, Jimmy Neutron. Pour moi le meilleur métier du monde c’est d’être ingénieur parce qu’on conçoit des choses qui n’existe pas. Mais en même temps, je ne me voyais pas être ingénieur pour quelqu’un d’autre et fabriquer des choses qui ne me plaisent pas. C’est ce qui m’a poussé vers l’entreprenariat.

Olivier : On va parler de ce que vous avez créé et qui nous occupe aujourd’hui. C’est quelque chose que je trouve assez surprenant quand on ne connait pas le produit. Déjà c’est étonnant vous avez appelé un lave-vaisselle Bob. Alors pourquoi ?

Damian : C’est mon associé qui a eu l’idée. Quand il est arrivé à Paris il cherchait un gros lave-vaisselle, qui rentre dans son appart. Et donc il avait eu cette idée de petit lave-vaisselle. A l’époque il l’avait appelé Rudy, mais Rudy ce n’est pas très sexy, donc quand on a créé l’entreprise on a cherché un nouveau nom, plus international, plus facile à retenir, plus sympa. Et donc on a pensé à Bob, c’est un clin d’œil à Bob l’éponge parce qu’avec Bob le lave-vaisselle, on n’a plus besoin d’éponges.

Olivier : Je pense que personne n’aurait pu imaginer ça surtout pas les créateurs de Bob l’éponge. Alors ce produit Bob qui est un mini lave-vaisselle. Il y a une dimension très écologique et une dimension très technologique, quels ont été les moteurs de la motivation pour se lancer sur ce marché là en particulier. Et je vais être un peu taquin mais un lave-vaisselle ce n’est pas l’objet qui fait le plus rêver un innovateur.

Damian : En soit-ce n’est pas le truc le plus stimulant je suis d’accords et j’aimerais bien bosser sur des trucs plus stimulants, c’est juste que je ne pensais pas que ça prendrait 5 ans de sortir un lave-vaisselle. A la base quand je me suis associé je me suis dit qu’en 2 ans, ça serait bouclé et que je pourrais passer à autres choses après. Sauf que sur les 5 ans on a passé 2 ans à chercher du financement, donc ça nous a ralentis et après il y a toujours des problèmes, humains, techniques etc… En fait en tant qu’innovateur on voit toujours notre produit fonctionnel, en vu éclaté, sauf que de devoir gérer les problèmes, recruter les gens, tous les impacts humains on ne les voit pas forcément venir quand on est innovateur et pas entrepreneur. C’est pour ça que quand un innovateur entreprends c’est plus compliqué que d’avoir un innovateur qui innove puis qui le transfert à quelqu’un qui sera chargé de faire la mise en valeur.

Olivier : C’est ce que disait notre premier invité Serge Soudoplatoff, je ne sais pas si son nom vous dit quelque chose. Entrepreneur et innovateur c’est très lié, parce qu’une innovation sans marché ce n’est pas vraiment une innovation.

Damian : Exactement, ce que je disais précédemment, c’était surtout pour la partie invention, que pour le côté technologie.

C’est vrai que sur la partie innovation c’est quand même mieux d’être soit même aux commandes parce que généralement, on fait des choses on se prend une claque, on modifie et on retest, ça fonctionne un peu mieux mais ce n’est pas encore ça, donc on rectifie etc…

Pour le prix, les couleurs, l’offre s’est construite au fur et à mesure, au départ on avait mis en précommande à 199 euros, parce qu’on pensait pouvoir le vendre à ce prix-là. Sauf que les coûts de production étaient plus élevés que prévu. En parallèle, on s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas offrir toutes les fonctionnalités qu’on voulait à ce prix-là donc il a fallu augmenter le prix.

Et toutes ces choses-là se font de manière itérative, parce qu’entre le moment où s’est lancé en 2016 et où on a fait le BP (Business Plan), on se disait qu’on allait sortir un lave-vaisselle à 199 euros, avec 600 000 euros d’investissements, et puis la réalité où on vend un lave-vaisselle à 350 euros avec 3 millions d’euros d’investissements, il y a eu toutes les itérations qui nous on permit de converger vers le produit et le marché finale.

Parce que quand on s’est lancé, on était jeune et on voulait le faire pour les étudiants. Et ça avait marqué les journalistes, ils se disaient « ah, c’est bien Bob, c’est pour les étudiants », sauf qu’en faits, aujourd’hui les étudiants ce ne sont pas notre principale clientèle. Avant eux on a deux autres segments, les jeunes actifs (25-35 ans qui vivent dans les grandes métropoles) et les séniors (+ de 55 ans) parce qu’ils sont seuls ou que les enfants sont partis et ils n’ont plus besoin d’un gros lave-vaisselle, donc ils achètent un Bob. Et on n’aurait jamais imaginé que notre produit cartonne auprès des seniors.

Olivier : Dans ce que vous me racontez, vous êtes partis à l’aventure seuls, vous avez pris des coups, vous avez itérés, est-ce que vous vous êtes fait conseiller, accompagner, comme un mentor ? Ou est-ce que vous êtes partis la fleur au fusil tous les deux ?

Damian : Alors dans le monde du Hardware il n’y avait pas grand monde pour nous mentorer. Donc on est partis un peu la fleur au fusil. On s’est pris des claques, mais on ne le regrette pas au final. C’est plus dur que dans le numérique, parce que dans le numérique, il y a un écosystème qui est dynamique et très fourni, il y a beaucoup de feedback, de club d’entrepreneurs. Dans le domaine industriel, ça n’existe pas. Des jeunes entrepreneurs qui ont commencé avec du hardware en France il n’y en a quasiment pas. Les seuls ce sont des entrepreneurs comme Marc Simoncinni et d’autre qui ont revendu leurs entreprises. Je pense à Kipit, les fondateurs de Kipit ils avaient une entreprise avant, qu’ils ont revendue.

Olivier : J’ai vu que vous avez frappé à toutes les portes des financiers de la place parisienne et que vous avez essuyé toutes une série de refus, comment ça s’est passé et comment vous expliquez cette difficulté à financer votre projet ?

Damian : Comment ça s’est passé ? On a fait une campagne de précommande en 2018, on a prévendu 6 000 unités, donc a 199 euros, ça faisait environ 1,2 million d’acompte client encaissé, sauf qu’en fait on en avait besoin pour acheter les pièces. Et pour industrialiser le produit il fallait aller chercher des fonds, donc auprès des banques, sauf que les banques sans fonds propres, elles ne prêtent pas. Donc ils nous faillaient des investisseurs. Et c’est là qu’on a eu beaucoup de refus, c’est parce qu’en fait il y a beaucoup d’acteurs qui financent l’innovation, mais uniquement dans le numérique, donc on a vraiment écumé la place de Paris avec tous les fonds, des plus au moins connus.

Et en fait, à chaque fois, c’était « Le Hardware en B2C, on n’investit pas parce que c’est trop risqué », pour deux raisons, parce que le hardware, c’est plus cher que dans le numérique, une appli il y en a pour environ 600 000 d’investissements et après, c’est le marketing, pour Bob, c’était déjà 3 millions. Donc ça calme pas mal de monde, puis y a le fait qu’il y ai la peur que les gens puissent le copier. Dans la théorie oui, mais dans la pratique ce n’est pas si facile à copier que ça. Copier une voiture oui, mais copier une Tesla ça ne se fait pas comme ça. Les fonds ne percevaient pas ça, et puis il y a une grosse crainte du marché B2C, parce que s’il y a un Bad Buzz, en 1 semaine la marque est morte et ils ont perdu leurs argents. Donc ils vont préférer bosser dans le B2B, avec des possibilités de racheter la start-up. Donc forcément nous dans le hardware (extrêmement cher), dans le B2C (extrêmement risqué), et qui veux rester indépendant ça ne marche pas.

Olivier : D’accords, mais pour l’histoire vous avez quand même réussi à trouver des financements, donc vous pouvez nous dire lesquels ?

Damian

En fait on a eu la chance de trouver des gens aussi fous que nous, qui ont accepté de nous suivre.

On est partis en Vendée en 2018, qui est une région que je ne connaissais pas à l’époque, puisqu’on a eu l’idée à Paris, mais c’est une région assez industrielle, avec un écosystème favorable, des entrepreneurs qui ont réussi leurs carrières, et qui ont réussi à mettre des petits tickets de 10 à 30 000 euros chacun, sauf qu’avec 51 actionnaires on a réussi à lever 685 000 euros avec une cinquantaine de personnes, sauf que ce financement-là a permis de faire effet de levier avec les banques traditionnelles.

Olivier : Et vous êtes arrivé à combien de financement en tout ? Si je prends en compte vos acomptes clients, levés de fonds et emprunts ?

Damian : Au total, un peu plus de 4 millions d’euros.

Olivier : Et c’est ce qui vous fait vivre aujourd’hui ?

Damian : Non aujourd’hui la boite s’autofinance, on fait entre 600 000 et 700 000 euros de chiffre d’affaires par mois, et en gros ça autofinance la boite. Après ce qui nous pose problème en ce moment, c’est la croissance, aujourd’hui nos délais de livraisons, c’est 8 semaines, mais si demain on a plus de moyen financier, on peut instantanément passer le délai d’attentes de 8 semaines à 2 semaines.

Olivier : Et donc vous me disiez en début d’entretiens, combien vous en vendez des Bob par mois ?

Damian : On en vend entre 1 500 et 2 000 par mois.

Olivier : Et donc c’est uniquement par internet, vous n’êtes pas distribué ailleurs ?

Damian : Au départ uniquement internet, maintenant on est beaucoup présent en distribution en France, chez Boulanger, Darty, Fnac, HyperU, même Leclerc maintenant. L’objectif, c’est que dans tous les rayons lave-vaisselle, il y ai un Bob.

Olivier : C’est une approche très Nord-Américaine, Steve Jobs qui voulait qu’il y ai un MAC sur chaque bureau des américains. 

Damian : C’est ça l’idée, aujourd’hui on parle beaucoup de la France, mais on commence à développer à l’étrange, Corée, Japon, Taïwan, on fait dans plein de pays qu’on n’imaginait pas au départ. Pour être rentable et faire de la croissance, il faut aller à l’international. Ce que je dis souvent : 

C’est que je veux que le Made In France, soit présent dans toutes les cuisines de San Francisco à Tokyo.

Olivier : J’ai vu que vous avez rencontré pas mal d’épreuve et j’ai vu que vous avez dû déménager vôtre chaine d’assemblage dans un entrepôt, mais au final vous n’avez pas pu continuer, qu’est-ce qui s’est passer ?

Damian : Au départ on devait sous-traiter la production à une usine de lave-vaisselle en France, sauf que cette usine a fermée, donc on a dû récupérer nos affaires, on  a mis 1 an à chercher de nouveau locaux, ensuite on a dû recruter le personnel, c’est en partis pour ça qu’on a eu du retard sur les livraisons.

Olivier : j’ai été impressionné par votre courage face à l’adversité, parce que vous avez eu pas mal de difficultés pour arriver à en vendre autant par mois. C’est quoi vos ressorts pour ne pas vous décourager et aller de l’avant ?

Damian :

Ce que je me dis toujours, c’est que si la physique ne me dit pas que quelque chose est impossible alors ça n’est pas impossible

D’ailleurs, c’est souvent ce qui dérange les gens. Si conceptuellement ce n’est pas impossible alors c’est jouable. Pour l’industrialisation de Bob tout le monde nous disait que c’était impossible de le faire par nous-même. Il n’y avait personnes qui avait réussi avant et on arrivait avec nos 22 ans.

Souvent je ne vois pas pourquoi ce n’est pas possible, donc si je ne vois pas pourquoi ce n’est pas possible alors c’est possible. Notamment sur certaines fonctionnalités, que ce soit en interne ou en externe on nous disait souvent « est-ce que vous êtes sûr que ça va fonctionner ? »

Olivier : On disait souvent de Steve Jobs qu’il pouvait plier la réalité à sa volonté, est-ce que c’est aussi un peu votre cas ? Se dire qu’avec de la volonté ça marchera.

Damian : Sans forcément distordre la réalité, il y a toujours deux façons de voir les choses. Il y a plein de choses qui ont l’air infaisables, mais qui en fait le sont quand on va s’en donner les moyens. Objectivement quand on a levé les fonds on n’avait rien, pas d’usines, pas de chaines d’assemblages. Et il y a des gens qui ont cru en nous.

Olivier : Je vais revenir sur Bob parce qu’il y avait quelque choses dont je voulais parler et qui me semblait important, une dimension écologique. Vous l’avez dit vous avez 22 ans.

Damian : En fait maintenant j’en ai 27, plus j’avance dans l’aventure entrepreneuriale, moins je suis jeune malheureusement.

Olivier : Pour votre génération d’entrepreneurs il y a une dimension extrêmement importante de protection de la planète. Est-ce que pour vous, c’est un incontournable d’incorporer cette dimension écologique ?

Damian : Pour moi, c’est une réelle volonté, autant mon associé était plus positionnement du produit, autant j’ai beaucoup bataillé en interne pour que le produit soit le plus positif pour l’environnement.

Parfois même alors que ce n’était pas le plus optimal pour le produit. Par exemple, j’ai insisté pour qu’on utilise du plastique recyclé. Sauf que du coup, c’est moins résistant, donc on a eu des problèmes techniques, et on m’a remercié en interne. L’écologie pour nous ça fait partie de l’ADN de la boite, mais derrière les gens ne pensent que ça pose pas mal de problème. Par exemple l’aspect du plastique recyclé est pas beau. Et la résistance est moindre, et donc on a fait en sorte de surmonter ces difficultés pour faire un produit respectueux de l’environnement.

Olivier : Question un peu existentielle. Le choix de produire en France, même si on dit depuis quelques années que la France est en désindustrialisation. Alors pourquoi ça vous tient à cœur ce sujet de la réindustrialisation de la France ?

Damian : Au départ on ne pensait que ça continuerai en 5 ans. 

On voulait prouver que c’était possible de fabriquer en France un produit grand public à prix abordable.

Nous ce qu’on se demandait c’est, « Est-ce que c’est encore possible de fabriquer en France un produit qui n’y est plus fabriqué, à un prix abordable ? » Et là aujourd’hui on pense qu’on la plus ou moins prouvé. Certes 350 euros, c’est un peu cher, mais ça reste abordable, c’est pas du luxe, c’est pas un lave-vaisselle à 1 000 euros. On voulait prouver que la France ne fabrique pas que des produits de luxe, du vin et du fromage. Parce qu’à chaque fois qu’on va à l’étranger on a l’image des français qui boivent du vin et mange du fromage et puis c’est tout.

C’est la mission de Daan Tech, c’est de créer des objets un peu emblématiques qui vont au-delà de la France, mais de les créant en France. C’est pour ça que je parle beaucoup d’export, c’est qu’à terme la France ça doit 10-20% de nos ventes et le restes doit être de l’export.

Olivier : Vous avez réussi à créer combien d’emploi avec Bob ?

Damian : Aujourd’hui on est à environ 45 personnes à travailler à temps pleins chez Daan Tech. Il y a une vingtaine de titulaires et le mois prochain on devrait en avoir une trentaine vu qu’on va titulariser une dizaine de personnes. Et j’espère que ça va continuer comme ça.

Olivier : Pour terminer on va faire un petit retour sur vos expériences, comme vous l’avez dit, vous avez fait des erreurs, vous avez vaincu l’adversité. Qu’est-ce que ça vous a appris tout ça ?

Damian : Pour résumer en 2 mots je dirais « No Bullshit » c’est-à-dire que ce qui fait qu’on réussi à faire les choses c’est de ne pas trop faire de plan sur la comète. Se concentrer à faire un bon produit, entrer techniquement dans le détail. Ce qui fait que j’en suis ici aujourd’hui c’est que j’ai participé à toute la création de l’électronique de Bob, j’ai sourcé tous les composants, je connais tous les composants du produit. J’ai même développé la première version du logiciel avant que notre directeur Soft nous rejoigne et prenne la main. Et c’est ça qui nous as permis d’y arriver, parce que quand on est entrepreneur il y a plein de gens qui essaient de vous vendre des prestations qui ne servent à rien, moi j’appelle ça du Bullshit et en fait il faut être assez terre à terre. Il ne faut pas chercher à survendre.

Olivier : Donc j’ai une dernière question, si vous deviez être un inventeur, un ingénieur historique qui auriez-vous été ?

Damian : C’est une très bonne question. Je ne sais pas trop, parce que pour moi l’innovateur vraiment innovant c’est Thomas Edison, parce qu’en fait c’est un très bon inventeur techniquement parlant. Et derrière il avait aussi une fibre commerciale. C’est le premier qui a vraiment transformé une innovation en entreprise.

Olivier : Et bien Damian, on a fini, c’était vraiment très intéressant, je pense qu’on aurait pu encore parler de beaucoup de choses. Juste avant de finir, vous avez une idée du prochain produit que vous allez développer ou c’est encore secret ?

Damian : C’est encore à l’étude, a priori dans le gros électroménager, par exemple le lave-linge. Pour l’instant pas de date de sortie, mais si on arrive à sortir un lave-linge Made in France, ça serait une première parce qu’aujourd’hui il n’y a aucun lave-linge fabriqué en France.

Olivier : Il me semble qu’il y en avait avant …

Damian : Oui, c’était avant la fermeture de Whirlpool.

Olivier : Merci beaucoup, c’était passionnant. J’ai envie de vous souhaiter bonne chance, mais je suis sûr que vous allez réussir, c’est une aventure vraiment rare et bravo pour ce que vous faites parce qu’aujourd’hui c’est le numérique qui attire tout l’attention.

Damian : Et bien merci beaucoup et pour rebondir sur le numérique, le numérique c’est prometteur, mais l’industrie est aussi très prometteuse, les salaires ne sont pas plus bas, c’est juste que c’est moins sexy. Aujourd’hui les gens se disent qu’ils vont être Data scientist et aller bosser chez Facebook et Twitter et ils ne se disent pas qu’ils vont être ingénieur.

Olivier : Comment j’ai innové épisode 9 c’est terminé, au nom de toute l’équipe Markopolo je vous remercie de votre écoute, et si vous l’avez aimé n’hésitez pas à le liker, le partager et sur ce je vous souhaite une excellente suite dans le programme de votre quotidien et une bonne innovation.