L’avenir du bureau selon Google

Les nouvelles habitudes du télétravail vont rester

Depuis un an peut-être, vous et vos salariés avez pratiqué plus ou moins assidument le télétravail. Découvrant ses avantages et inconvénients : plus de temps de trajets inutiles et stressants, le confort d’être chez soi, de pouvoir se concentrer à sa guise, quand on en a besoin, de couper les communications, le stress des visios qui s’enchaînent, l’omniprésence des écrans, petits et grands. La liste est longue, on pourrait passer la journée à l’écrire.

Une certitude cependant s’est peu à peu forgée dans les esprits alors que sonne l’heure du retour au bureau. Quelque chose a changé dans le monde du travail. Ce télétravail qu’on croyait anecdotique, fantaisiste, compliqué, s’est subrepticement imposé aux esprits comme une possibilité certaine. Y avoir goûté, c’est comme avoir léché du bout du doigt la pâte du gâteau. On a envie d’y regoûter.

Chez Google, 70% des employés veulent continuer à travailler à distance, à plein temps ou partiellement. S’il devait y avoir un changement dans le monde d’après, c’est celui là : le temps des commuters (ces banlieusards américains qui passent leur temps dans leur voiture ou les transports en commun) est fini. Et pour la France, où les distances sont moins longues, je parierais que le pli est pris également. Les joies du télétravail ne doivent pas se dissiper !

Quelles idées pour quels nouveaux bureaux ?

C’est très intéressant de voir comment Google, justement, invente des solutions pour répondre aux nouveaux besoins de ses salariés. Tout n’est peut-être pas bon à prendre, mais tout est inspirant et traduit les aspirations profondes de ses salariés. Aspirations que l’on pourrait tout à fait, transposer, à mon avis, de notre côté de l’Atlantique, car un ou une jeune ingénieur américain urbain n’est pas forcément très différent d’un ou une jeune ingénieur urbain français. Pas très différent non plus, peut-être, de vos salariés, qu’ils soient plus âgés ou même moins urbains 🙂

Les maître mots : mobilité et souplesse

Il est évident que dans un monde où les salariés souhaitent trouver un équilibre plus poussé entre télétravail et travail au bureau, les configurations et les aménagements qui ont prévalu ces dernières années prennent des rides et méritent une rénovation, plus que de façade 🙂 .

L’arrêt de mort des open-spaces

Dans les startups, l’open-space était la panacée. Il ne l’est plus : trop bruyant, trop agité, trop peu hygiénique, impersonnel, son arrêt de mort a été signé. Et sa reconfiguration annoncée.

Chez Google, les idées qui ont été en gestation ces dernières années éclosent maintenant à la faveur du déconfinement :

Des Team Pods pour cogiter en commun

Plus de bureau en rangs, mais des espaces clos, semi-ouverts, pour se réunir et réfléchir ensemble. Des tableaux blancs, des paper-boards, des chaises en vrac, modulables pour arranger chaque pod en fonction du besoin. Idée pour favoriser la collaboration et la créativité, mais aussi les échanges et les discussions.

Des feux de camp (!)

Traduire Campfire en français n’est pas évident. Le campfire, c’est une salle circulaire où chaque individu est mis à égalité avec les autres, même avec ceux qui sont en visio. Apparaissant sur des grands écrans, ils sont répartis entre chaque place du Campfire, à la manière des chevaliers de la table ronde répartis en cercle.

Des aires de travail extérieures

Si vous ne l’aviez pas fait pendant le premier confinement (mais je suis sûr qu’on l’a tous fait), travailler dans son jardin sous les rayons chaleureux de notre astre solaire, le gazouillis des oiseaux caressant doucement nos oreilles, a sûrement été l’expérience de travail la plus largement partagée parmi les télétravailleurs forcés.

Google va encourager cette pratique, mais en groupe, évidemment, le plein air étant un bon stimulant également pour la concentration, le travail collaboratif, mais aussi pour la santé : une peau bien tannée (et bien protégée, s’il vous plait), c’est de la vitamine D en barres, bonne pour le bien être et la bonne humeur. Évidemment, il y a plus de jours sans nuages à Menlo Park qu’en bien d’autres endroits au monde, mais que cela ne vous arrête pas : travailler dehors est presque un devoir, un plaisir, dont il ne faut pas se priver.

Des murs mobiles et transportables

Les open spaces pourraient aussi bien se voir transformés en bureaux fermés, mais modulables, grâce à des murs mobiles, voire transportables, pour modifier au bon vouloir des équipes les espaces de travail.

Des climatiseurs personnels

Pour aller toujours plus loin dans le confort, Google a aussi trouvé le moyen de réconcilier les adorateurs du chaud et ceux du frais. Des climatiseurs individuels sous la forme de tissus suspendus au-dessus des espaces de travail individuels pourraient permettre à chacun d’avoir un air à la bonne température.

Des robots, créateur d’intimité

Sans doute l’invention la plus improbable : des robots capables de déployer des sortes de parois gonflables afin d’isoler des espaces de travail des bruits de l’open-space. Il faut le voir pour le croire, mais l’idée est de permettre à chacun de s’enfermer dans une sorte de bulle de silence pour pouvoir se concentrer.

(parenthèse : je fais une pause dans cet article pour vous dire que toutes ces géniales inventions sont visibles en photo sur l’article qui m’a inspiré ici. Le lien se trouve ici plus bas à la fin de ma prose)

Des bureaux ajustables à mémoire individuelle

Comment résoudre le problème d’espaces réduits utilisés par un plus grand nombre de salariés ? Tout simplement en leur proposant des bureaux qui s’adaptent aux personnes qui les utilisent. Grâce à une carte d’identification, chaque salarié pourra donc ainsi, sans n’avoir à faire aucune manipulation, régler le bureau à sa hauteur, configurer son poste de travail, ajuster la température à son besoin.

Créez vos propres espaces, soyez innovants !

Ces idées ou inventions ne verront peut-être pas toutes le jour (et encore, je ne vous ai pas parlé de tout), mais elles montrent le réel effort fait par Google pour s’adapter aux nouvelles modalités de travail de ses salariés :

  • le besoin de mobilité et de nomadisme
  • le besoin de travailler de chez soi
  • le besoin de modularité
  • le besoin d’hygiène (je n’ai pas donné d’exemple, mais il y a une vraie préoccupation de Google allant dans ce sens)
  • le besoin d’intimité
  • le besoin de relations plus efficaces avec les collaborateurs

Comme je le disais dans un précédent article (Retour au bureau. Êtes-vous prêts ?), chaque entreprise doit inventer ses solutions avec ses collaborateurs. N’imposez pas vos idées à vos salariés, co-créez avec eux ce nouveau monde du travail. Et si vous ne savez pas comment vous y prendre, contactez-nous pour que nous puissions vous y assister. Comment ? Eh bien, passez-nous un petit coup de fil ou envoyez-nous un email 🙂

Excellente journée à vous !

Via le New-York Times : Google’s Plan for the Future of Work: Privacy Robots and Balloon Walls

Photo par Ricardo Gomez Angel

One Comment

  1. […] les plus grandes sociétés américaines n’envisagent pas de revenir au monde d’avant (voir mon article sur Google). Et on peut faire le même pari pour la nourriture et sûrement d’autres domaines : le […]

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