Les conducteurs de voitures autonomes parcourent de plus longues distances

Conducteur au volant d'une Telsa

Un chercheur s’est intéressé à la distance parcourue par les véhicules autonomes

Scott Hardman, un chercheur de l’UC Davis Institute of Transportation Studies, s’est intéressé aux parcours des conducteurs de voitures autonomes. Il a voulu savoir si ces conducteurs conduisaient plus et comment. Bonnes questions, car si ce changement existe, il aurait certainement de très grandes conséquences sur différents facteurs : l’état des routes, l’organisation des villes, la consommation d’énergie, etc, etc.

Qu’en est-il exactement ?

Des conducteurs moins stressés

La première chose à savoir est que les conducteurs de véhicules autonomes se sentent beaucoup moins stressés que les autres. Un véhicule autonome permet de diminuer drastiquement la charge cognitive de ces conducteurs et de rendre leur trajet plus agréable.

Attention, il faut bien comprendre de quoi l’on parle quand il s’agit de véhicule autonome. Pas de voitures entièrement autonomes qui seraient laissées sans surveillance de la part de leur conducteur. Non. Il s’agit plutôt de véhicules qui déchargent ceux-ci d’une partie de leurs missions sur des routes de types dégagées, larges et sans trop de circulation. Principalement, aux Etats-Unis, de ces fameuses highways, autoroutes américaines, où un véhicule autonome peut prendre totalement le relais du conducteur en freinant à sa place, en changeant de file à sa place, bref, en le laissant quasiment inoccupé quand il se déplace d’un point à un autre sur ce type de route. Le seul rôle de ce dernier consiste essentiellement à garder les mains sur le volant et à s’assurer de pouvoir reprendre le contrôle en cas de danger.

Cela laisse effectivement du temps au conducteur pour rêvasser, être moins concentré, prêter moins d’attention à la conduite, voire à dormir comme certaines vidéos furtives ont pu le montrer.

Une distance supplémentaire de 4888 miles par an

Conséquence, d’après l’étude de Scott Hardman, conduite à travers les données de plusieurs véhicules de plusieurs constructeurs différents (dont Tesla, Ford, BMW, Toyota), ces propriétaires de véhicules conduiraient sur de plus longues distances. Soit 4888 miles supplémentaires par an. Ce qui n’est pas anodin, vous l’avouerez. Car si l’on généralisait cette statistique à tous les véhicules roulants de la planète, on aboutirait sûrement à une monstrueuse surconsommation de différents types de biens : de l’asphalte sur les routes, d’énergie, de gomme de pneus, etc. Il y a probablement un gros problème qui se cache derrière tout ça.

Scott Hardman a toutefois essayé d’en savoir plus. Car analyser les statistiques brutes des données de navigation des véhicules ne suffit pas.

Et la grande question qui se pose est : que font ces conducteurs de ces 4888 miles supplémentaires ?

Que font ces conducteurs de ces miles supplémentaires ?

Jusqu’à maintenant, les réponses restent plutôt floues, car beaucoup de constructeurs faisant partie de l’étude ont refusé de donner plus d’informations à ce sujet. Mais Scott Hardman a plusieurs hypothèses.

D’abord, certains de ces conducteurs auraient tendance à utiliser leur véhicule autonome pour des trajets qu’ils auraient fait plutôt en avion. Pour partir en weekend, par exemple (on est aux Etats-Unis, je le rappelle). Dans ce cas, l’impact environnemental de cette augmentation serait plutôt une bonne chose, car un véhicule autonome génère nettement moins de GES qu’un avion qui brûle du kérosène et génère du CO2 en quantités astronomiques.

Beaucoup d’autres, apparemment, auraient aussi décidé de déménager et d’aller habiter plus loin de leur lieu de travail. N’ayant plus besoin de conduire pendant toute la durée du trajet, peu importe que celui-ci fasse 20 miles ou 100 miles, apparemment, et cette différence ne compterait plus dans l’esprit de certains. D’où la tentation d’aller vivre plus loin à un endroit plus agréable, plus près de la verdure peut-être ou dans un lieu d’habitation moins urbanisé.

Conclusion

En réalité, on mesure encore très mal la traduction en faits de cette augmentation de distance. Savoir précisément ce que font ces conducteurs de ces miles supplémentaires sera très riche d’enseignements sur d’éventuelles conséquences sur le tissu urbain et la consommation d’énergie. Car reportés à une plus grande échelle, il faudra nécessairement en tirer de grandes leçons.

Pour l’instant, ces données restent « microscopiques » et ne prêtent pas à conséquences, mais comme on peut parier sur une augmentation à court terme plus ou moins rapide du parc mondial de ce genre de véhicules, il sera intéressant d’en savoir plus rapidement.

Comme quoi, une statistique seule n’apporte pas forcément la vérité. Et il est toujours nécessaire d’aller plus loin que les chiffres pour comprendre les conséquences d’une innovation.

Via Wired : When Driving Is (Partially) Automated, People Drive More

Photo par Samuele Errico Piccarini

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