Podcast #1 avec Serge Soudoplatof, entrepreneur

Polytechnicien, Serge Soudoplatoff est un passionné d’Internet, qu’il a connu en 1984 au centre de recherche d’IBM.

Serge a d’abord fait de la recherche en informatique, à l’IGN, sur les premières images Landsat (avant Spot) et sur le navstar, ancêtre du GPSIl a dirigé le centre de recherche de Cap Gemini avant de devenir le directeur de l’innovation de France Telecom. Il est le 1er abonné Wanadoo en Mai 1996 ! Fondateur de plusieurs start ups (High Deal, CommonBox, Soyoos, Mentia, etc.) il a un regard aiguisé – et sans concession – sur l’innovation et le rapport au progrès technologique en France…

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Questions importantes du podcast

Pensez-vous que l’enchantement, le ré-enchantement soit important pour que l’innovation réussisse ?

J’ai longtemps cru à cette idée du ré-enchantement, du narratif. Le côté très négatif du ré-enchantement c’est qu’on raconte n’importe quel bobard et que tout le monde le croit. Je crois à un équilibre entre le rationnel et le ré-enchantement. A condition qu’il y est un équilibre.

Pourquoi pensez-vous qu’il peut y avoir des oppositions aussi fortes à la technologie ? 

C’est la combinaison de plusieurs choses : les technologies invisibles qui font peur. C’est la combinaison d’hommes politiques qui enfoncent le clous, de gens qui ont besoin d’exprimer des peurs, et d’un manque de confiance en la science et la technologie.

Qu’est-ce qui vous a inspiré a créer Mentia ? 

Je trouvais que le sujet était beau. Si vous voulez à l’origine il s’agit de la thèse de ma cofondatrice. Elle s’était aperçue que les gens qui étaient très handicapés, physiques, qui étaient dans les chaises roulantes, s’éclatait énormément dans ce combat à travers leurs avatars. Et en fait, elle l’a regardée et elle s’est aperçue qu’il y avait un problème qui était très mal traité sous l’angle du numérique : Alzheimer.

 

Comment ça s’est passé? Finalement, cette thèse a une application ? 

Elle a montré plein d’apps sur des I-Pad. Ça marche sur tablette. Elle a regardé quelles étaient les apps qui leur parlaient et celles qui ne leur parlaient pas. Elle a regardé comment ils interagissent. C’est ce qu’elle a vu, c’est que socialement, ils tapaient. C’était pas la peine de faire beau geste. C’était juste taper, taper. C’est pré-réflexifs comme dans l’histoire de l’humanité.

 

Est-ce que pour vous, pour qu’une technologie perce il faut forcément travailler avec les utilisateurs finaux ?

Il y a deux extrême à éviter . Le premier : Si les gens n’achètent pas, c’est que c’est des imbéciles. L’autre extrême, c’est mettre n’importe quel client au centre. Je veux dire non. Il faut travailler avec les utilisateurs, mais pas n’importe qui. Il faut travailler avec la frange innovante des utilisateurs, ceux qui ont envie de tester un truc nouveau. Vous savez, on a des surprises. Je vous rappelle que le téléphone avait été inventé pour écouter des opéras chez soi sans bouger et que au début, il y avait des gens qui s’appellent les uns les autres. Les X télécoms de l’époque ou du monde entier disaient, mais n’ont rien compris.