Quand occasion rime avec innovation

Une vue d'un des entrepôts de ThredUp

Comment ThredUp est devenu le leader de la vente de vêtements d’occasion aux Etats-Unis

En Europe, dans le domaine du marché de l’occasion textile, c’est Vinted qui tient le haut du pavé. Mais aux Etats-Unis, c’est une entreprise dont on risque bientôt d’entendre parler : ThredUp.

Et pour cause, cette startup nord-américaine vient de réussir son entrée en bourse en levant 168 millions de dollars et en devenant le numéro un du genre sur son marché.

Mais ce qui est le plus intéressant dans cet évènement, c’est comment cette société qui n’existait pas il y a encore 12 ans a connu un succès aussi insolent en utilisant la technologie là où on ne l’attendait pas.

Qu’on en juge ! Le bénéfice de Thredup est monté à 128M$ en 2020. Et 100,000 produits passent tous les jours dans ses 3 entrepôts qui peuvent contenir 5,5 millions de pièces !

Qu’est-ce qui a permis un tel succès ?

D’abord un constat : vendre sur Ebay des vêtements d’occasion (en 2009) présentait trop d’obstacles pour le vendeur moyen. Il fallait prendre en photo le produit, écrire son descriptif, le mettre en ligne, faire sa promotion, l’expédier. Tout cela, souvent, pour un retour sur investissement quasiment nul.

Comme souvent, la création de Thredup est donc parti de l’observation des freins sur l’usage et la forme d’un besoin, et sa résolution en réduisant au maximum l’effort du vendeur pour ne lui donner que de la satisfaction. Une réflexion totalement UX (centrée utilisateur). Comment créer un avantage compétitif à un service ? En le rendant plus simple, plus facile et plus accessible que celui des concurrents. Et c’est exactement ce qu’a fait ThredUp.

D’abord, en débarrassant le vendeur de tous ses tracas, à commencer par fournir à qui le veut des enveloppes d’expédition gratuite du produit d’occasion. Dès lors, le vendeur n’a qu’à la remplir et la renvoyer à ThredUp qui prend ensuite en charge tout le processus de logistique et de vente.

L’IA à la rescousse du business model

Mais sur un tel business model, la rentabilité est forcément très faible et il fallait au maximum rentabiliser les nombreuses manipulations pour arriver à la vente, comme s’en est très rapidement rendu compte James Rienhart, son fondateur.

A l’arrivée à l’entrepôt, l’enveloppe est ouverte, le vêtement scanné par des caméras dotées d’IA qui vont immédiatement le classifier : déterminer automatiquement son prix en fonction de son état, de sa marque, de son potentiel de vente.

Le vêtement sera ensuite stocké automatiquement dans un des 3 entrepôts géants de la compagnie, puis mis en ligne. Le but : le vendre le plus vite possible pour réduire au maximum les coûts de stockage. Et si le produit ne part pas, il est soit détruit, soit retourné au vendeur, sans que ça lui coûte rien !

Chez ThredUp, tout est pensé pour que les coûts soient tirés au maximum, sans perdre pour autant la qualité de service.

Site de ThredUp
Le site de ThredUp est totalement personnalisé pour chaque utilisateur

Optimisation des flux jusqu’au site de vente en ligne

Sur le site de vente en ligne, l’interface est personnalisée pour chaque acheteur. Non seulement pour l’aider à aller plus vite dans ses choix, sachant qu’il y a plus de 5 millions de produits disponibles. Mais aussi pour favoriser les coûts d’expédition les plus bas : en fonction de leur lieu de stockage, ce sont les produits les plus proches de l’acheteur qui seront d’abord mis en avant dans son interface. Ce qui, accessoirement permettra aussi de réduire les délais de livraison.

Tout les secrets de ThredUp sont révélés dans le document d’introduction en bourse (même si tout n’y est pas dit) et permettent de se faire une idée précise de la machinerie, digne d’une horlogerie suisse, qui permet d’accomplir ce « miracle ».

Via Fast Company : How a used-clothing site became a $184 million tech giant

Photo par Waldemar Brandt sur Unsplash

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